Qu’est-ce que la phytothérapie ?
Il est impossible de savoir précisément à quand remonte les premières utilisations des plantes médicinales, mais il y a fort à parier que les hommes préhistoriques y avaient déjà recours. Ainsi, par intuition et par expérimentation, ils auraient sélectionné les plantes utiles pour soigner, nourrir, voire tuer.
L’histoire des plantes a donc commencé à Sumer puis a traversé l’Egypte puis la Grèce pour finalement se répandre dans d’autres continents. La Chine par exemple est reconnue comme pionnière de la phytothérapie.
Depuis, la phytothérapie rencontre un succès qui ne faiblit pas : même si l’avènement de la chimie moderne à la fin du XIXe siècle et la découverte des antibiotiques l’ont reléguée, un temps, au second plan. Cette mise à l’écart n’a pas duré longtemps puisque les adeptes du naturel ou les déçus de l’allopathie (terme médical réservé à la médecine conventionnelle) ont vite recommencé à s’intéresser aux plantes.
Comme son étymologie l’indique, la phytothérapie consiste à utiliser des plantes sous différentes formes (ou galénique) :
- Tisanes ;
- Décoctions ;
- Infusions ;
- Extraits à chaud ou à froid de la plante ou d’une partie définie : racines, tiges, feuilles, fleurs, graines, écorce.
Quelles Formes ?
La tisane
Selon des phytothérapeutes, la façon la plus simple et efficace de profiter des bienfaits d’une plante reste la tisane. Elles représentent la forme traditionnelle par excellence.
La plante est séchée de façon à conserver les principes actifs, et plus particulièrement ceux qui sont hydrosolubles (solubles dans l’eau). La tisane est idéale pour éliminer les toxines de l’organisme des quantités importantes de plantes.
Les poudres
La plante sèche est pulvérisée en particules fines, dites micronisées (grains de 100 à 300 microns).
Certaines poudres sont employées telles qu’elles, dans un yaourt, une compote ou jus de fruits par exemple (prêle, ortie) mais la plupart du temps, elles sont mises en gélules.
Les liquides
- La teinture mère (TM) ou macération hydro-alcoolique
La teinture mère est obtenue par macération des plantes fraîches dans de l’alcool. Elle est délivrée dans un flacon muni d’un compte-gouttes.
A noter !Les teintures mères ne conviennent pas aux enfants, femmes enceintes et aux personnes sensibles à l’alcool.
- La suspension intégrale de plante fraîche (SIPF)
C’est une forme récente, obtenue par cryobroyage d’une plante fraîche juste après sa récolte, qui est ensuite mise en suspension dans de l’alcool à 30°. Elle permet de conserver l’ensemble des molécules actives de la plante. Elle est délivrée dans un flacon de verre teintés ou sous forme d’ampoules buvables.
Il existe peu de plantes sous cette forme qui est relativement onéreuse pour les traitements prolongés.
- L’extrait fluide de plante fraîche standardisée (EPS)
L’EPS est dérivé de la SIPF. La plante fraîche est d’abord cryobroyée. Ses principes actifs sont extraits dans un mélange d’eau et d’alcool à des degrés croissants, afin d’obtenir un ensemble de principes actifs, complet et sans dégradation.
- Les macérats glycérinés (MG)
C’est le domaine de la gemmothérapie, ou médecine des bourgeons. Les tissus végétaux embryonnaires (bourgeons, jeunes pousses) sont laissés à macérer dans de la glycérine légèrement alcoolisée. Les macérats glycérinés sont souvent conseillés pour les enfants.
- Les huiles essentielles
Les huiles essentielles sont obtenues par la distillation à la vapeur d’eau de l’essence des plantes aromatiques. C’est le domaine de l’aromathérapie, méthode spécialisée et nécessitant un apprentissage spécifique.
Correctement employées, elles sont particulièrement efficaces. Cependant, les huiles essentielles peuvent être toxiques. Leur utilisation est à éviter chez les enfants et femmes enceintes.
Indications et précautions
Les plantes médicinales contiennent des principes actifs qui possèdent une action biologique directe sur l’organisme. Chaque plante renferme plus d’une centaine de composants différents.
La phytothérapie possède des indications très variées. Elle peut être indiquée pour les douleurs articulaires, les troubles de l’humeur, le transit, le système immunitaire, la circulation sanguine et la concentration ou la mémoire.
Comme l’homéopathie et l’aromathérapie, la phytothérapie soigne de nombreux maux du quotidien. Elle n’a en revanche aucune indication dans le traitement des maladies graves ou chroniques. Elle peut seulement aider à atténuer les symptômes.
Quelles plantes pour soulager une anxiété légère ?
Les plantes proposées ont essentiellement des propriétés sédatives (calmantes). Elles sont utilisées séparément ou dans des formules composées de plusieurs plantes. On les trouve le plus souvent sous forme de médicaments ou d’extraits en gélules, en comprimés ou telles quelles en infusions.
La valériane a montré une certaine efficacité dans les troubles du sommeil liés à l’anxiété. Mais son action n’est pas immédiate : une dose unique reste sans effet et ce n’est qu’après deux à quatre semaines d’utilisation que ses bénéfices se font ressentir.
L’utilisation de la passiflore pour calmer les manifestations de l’anxiété comme les troubles du sommeil et les palpitations repose essentiellement sur la tradition. La passiflore est proposée en infusion de feuilles ou en poudre séchée de feuilles et de fleurs ; elle est souvent associée à l’aubépine, qui possède également des propriétés sédatives. Les mécanismes d’action sont mal connus.
Les inflorescences du houblon contiennent une huile essentielle très parfumée et des composés oxygénés qui sont à l’origine des effets sédatifs de cette plante.
Des extraits de feuilles de mélisse ont montré une activité sédative (calmante) au cours d’études chez les animaux. Mais les substances responsables de ces effets n’ont pas été formellement identifiées.
Le Coquelicot
Selon son usage traditionnel et les propriétés de ses composants, le Coquelicot aurait des propriétés :
- Sédatives qui favoriseraient la détente en cas de nervosité, d’anxiété ou d’émotivité et qui permettraient de mieux dormir et amélioreraient, en particulier, le sommeil chez l’enfant,
- Relaxantes qui pourraient aider à la concentration et au processus de mémorisation chez l’enfant,
L’Eschscholtzia
En phytothérapie, l’Eschscholzia est conseillé en cas de stress et dans les états d’anxiété, pour retrouver un sommeil paisible. Prise au moment du coucher, cette plante contribue à une relaxation optimale au cours de la nuit et aide à améliorer la qualité du sommeil. Elle est également connu pour favoriser un bon moral. Les parties aériennes fleuries sont la partie active. Autrefois utilisée sous la forme de tisane (infusion de plantes), l’Eschscholzia est aujourd’hui proposé en gélules à prendre le soir pour un sommeil réparateur.
La Camomille allemande
Camomille matricaire (fleurs) appelée aussi camomille allemande, est plus agréable à boire que la camomille romaine car elle n’est pas amère. Elle aide à réduire le stress, l’anxiété et favorise un meilleur sommeil en sédation légère.
Quelles sont les huiles essentielles efficaces contre l’anxiété ?
Les Lavandes : les relaxantes
Les Lavandes, en particulier la lavande vraie et la Lavande maillette, sont célèbres pour leurs effets relaxants. Elles sont idéales contre le stress et l’anxiété. Leurs propriétés aident à apaiser l’esprit et à favoriser un sommeil paisible. La Lavande maillette offre un parfum floral léger, tandis que le Lavandin super, plus prononcé, est efficace pour combattre l’insomnie. Utilisées en aromathérapie, ces Lavandes transforment tout espace en refuge de tranquillité.
Néroli : le calmant émotionnel
L’huile essentielle de Néroli, distillée à partir des fleurs de bigaradier au Maroc. Son odeur évoque la fleur d’oranger. Parfaite pour les personnes sensibles, elle apaise l’anxiété et stabilise les émotions.
Marjolaine à coquilles : l’équilibrante
La Marjolaine à coquilles se distingue par sa capacité à équilibrer le système nerveux, faisant d’elle un allié précieux contre l’anxiété généralisée. Elle réduit l’irritabilité et encourage un sommeil paisible. Souvent confondue avec l’Origan, la Marjolaine à coquilles possède des propriétés. Lors de la distillation, l’huile essentielle de Marjolaine à Coquilles exhale un parfum sucré et épicé, délicat et agréable, contribuant à son effet apaisant.
Petit grain bigarade : l’anti-stress
Le Petit grain bigarade, extrait des feuilles de l’oranger amer, est un puissant allié anti-stress. Ses propriétés calmantes et antispasmodiques en font un excellent remède pour ralentir l’accélération cardiaque et apaiser les sensations de panique. En plus, son parfum frais et revitalisant contribue à purifier l’esprit, encourageant un retour à l’équilibre émotionnel et mental.
Lemongrass : l’anti-déprime
Le Lemongrass, grâce à son parfum citronné et vivifiant, agit comme un antidépresseur naturel efficace. Il contribue à réduire le stress et l’anxiété, tout en favorisant un sentiment de bien-être et de fraîcheur mentale.
Autres huiles essentielles efficaces
- Mandarine verte : Son parfum doux et fruité est apaisant et peut améliorer la qualité du sommeil. Elle est idéale pour une utilisation de jour.
- Bergamote : Connue pour ses vertus apaisantes.
- Orange douce : Utile pour calmer le stress et l’anxiété.
- Encens : Certains de ses composants peuvent aider à soulager l’anxiété et la dépression.
Existe-t-il des risques à soulager une anxiété légère avec des plantes ?
Du fait de leur effet sédatif, les plantes utilisées pour réduire les effets de l’anxiété légère peuvent provoquer une baisse de la vigilance dans la journée et se révéler dangereuses pour les personnes conduisant un véhicule ou une machine-outil.
L’utilisation de la mélisse et de la valériane demande des précautions particulières. Elles peuvent interagir avec de nombreux médicaments et augmenter les effets des autres plantes. De même, mieux vaut éviter de consommer des boissons alcoolisées.
Du fait de leur teneur en tanins, la mélisse et la valériane ne doivent pas être prises avec des médicaments ou des compléments alimentaires destinés à apporter du fer. De plus, la valériane ne doit pas être utilisée chez les personnes qui souffrent de troubles du foie.
En l’absence d’amélioration après quatre semaines de traitement, mieux vaut contacter votre médecin afin d’envisager un autre type de traitement.
